Voici une bonne résolution de rentrée : devenir hacker de votre entreprise !

Que vous soyez boss, collaborateur, coursier, portier, homme de chiffres, femmes de ressources (humaines bien sûr !), digital natives ou « seniors » genre Georges (Clooney), (auto) entrepreneur ou big boss (genre Nicolas Riché), et si on hackait le système en place ?

ENFIN allez-vous me dire !
Quoi on en avait déjà parlé ?
Entreprise libérée, oui c’est vrai, bon vieux concept à la papa comme on faisait du marketing il y a 25 ans (quoi qu’assurez-vous par ailleurs que votre agence conseil ne vous vende pas encore du concept Top-down, cuit et recuit, comme dans les années 80).

Finalement, l’entreprise libérée telle que nous la vend (si bien) notre Cher chercheur érudit Isaac Getz, c’est considérer que le changement vient du leader et dirigeant ! Quoi ? On nous aurait menti ? L’entreprise libérée ce n’est pas la base qui décide ? Enfin si, euh presque, sauf que c’est le dirigeant qui impulse (confère toutes les entreprises généralement citées à commencer par Favi, Poult, ou encore Zappos) !

Nous vous proposons de dépoussiérer un peu tout ça et de considérer que nous pouvons et sommes tous au cœur du changement, petit ou grand, mutation comme transformation. On appelle cela des #ChangeMakers !

Et plus que la compétence, toujours comparable, perfectible, transférable, nous sommes convaincus que la différence, c’est l’ATTITUDE ! Avec un mindset positif, vous serez capables d’emmener beaucoup plus loin qu’avec le moral dans les chaussettes (parlez-en à Teddy Riner, il vous causera sur le sujet).

Allez on ouvre les esprits, on sort de sa zone de confort, on envisage le travail sous un angle nouveau, on casse les codes : mettons-nous en situation de FAIRE (et arrêtons de sur-penser ce qui au pire vous fera l’esprit en surchauffe, au mieux vous évitera d’agir et de vous tromper, à risque d’immense regret…). Agissons, avec pragmatisme, enthousiasme, volontarisme !

“Le pessimiste est d’humeur, l’optimiste de volonté » nous soufflait Alain

On se heurtera toujours aux grognons, aux sceptiques, aux critiques, aux gardiens de l’ordre établi ! Normal, ils ont créé le système, pourquoi voudriez-vous qu’ils vous aident à le changer ? Pire, ils ont voulu le changer et n’y sont pas arrivés… vous voyez ce que je veux dire ?

Il n’y a pas plus réaliste que la douce et folle utopie des makers !

Parce qu’ils sont porteurs d’innovation sociale, ils sont au coeur de la transformation économique, sociale, humaine, ils sont les artisans du changement !

Dans l’entreprise, la votre, ils ne seront pas nombreux, il va falloir aller les chercher, leur donner les clés, pour hacker et remettre en mouvement votre organisation…

Sortons de la pure innovation technologique dont notre Douce France s’est depuis longtemps enorgueillie et satisfaite. Considérons l’innovation sous un nouveau jour : celle de l’Humain, celle de l’organisation !

« La raison d’être d’une organisation est de permettre à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires ! »

Peter Drucker

Dans notre communauté, nous avons un coach sportif, plein de fougue et de bon sens, meneur d’hommes, qui a dit, du temps des Barjots “Nous n’étions pas les meilleurs joueurs du monde, mais nous étions la meilleure équipe du monde”.

Pour les références, c’est par ici. Le mieux est de l’entendre vous embarquer dans son histoire, et celle des Barjots !

Alors, on se lance et on crée le changement ?

3 bonnes raisons de hacker l’entreprise

Ne revenons pas sur le constat, nous sommes tous d’accord : les entreprises sont devenues pour beaucoup, des paquebots lourds à manœuvrer, déshumanisées et pour certaines proches du naufrage tels des Titanic face à l’iceberg de l’ubérisation de l’économie.

Ça craque dans tous les sens, à l’intérieur comme à l’extérieur.

En 2013, l’étude State Of Teh Gobal Workplace de Gallup affirmait que 87% des salariés étaient en situation de désengagement et en 2016, dans un rapport rendu par l’Académie Nationale de Médecine, en France, 30% des travailleurs s’avouent stressés au travail et ce chiffre va en augmentant d’année en année, récemment je lisais que 39% des jeunes se disent stressés et proche du burn-out… Les compteurs s’affolent alors qu’on ne cesse de parler de… bonheur !

Autre étude, pour la remettre sur le tapis, cette fameuse génération Y, étude faite auprès de 7 000 jeunes diplômés dans le monde entier : 73% d’entre eux ne veulent plus travailler dans l’entreprise traditionnelle.

Plutôt que de s’apitoyer sur ces chiffres et votre triste sort, voici 3 bonnes raisons de hacker l’entreprise :

  1. Retrouver votre capacité à créer : vous n’avez pas fait une grande école ni n’avez été embauché pour produire des reporting, passer votre temps en réunion, être déplacé comme un pion au fur et à mesure des réorganisations.
  2. Agir concrètement : vous n’allez pas passer vos journées à vous plaindre, à subir, à attendre que le changement vienne d’en haut, car il ne viendra pas et dans 10 ans, vous vivrez les mêmes journées, avec risque à la clé de burn-out ou bore-out.
  3. Prendre place à table : ne pas cautionner que l’innovation, la stratégie, les idées et projets soient l’apanage des directions, CODIR, pire Direction de l’Innovation !

Celui qui sait c’est celui qui fait, celui qui fait, c’est celui qui sait !

Petite précision importante : ces 3 conseils sont valables à tous les niveaux d’actions, et quand nous travaillons avec un manager ou un dirigeant (même et surtout fondateur de son entreprise) nous luis signons un “bon d’autorisation d’audace”. Très efficace !

Hacker n’est pas cracker !

Hacker, ce n’est pas casser le système (encore que) mais plutôt le contourner pour créer.
Hacker, c’est faire preuve d’impertinence constructive et BIENVEILLANTE, c’est surtout FAIRE (et moins penser) !
Hacker, c’est savoir sortir du système, du système souvent choisi à la base, mais que l’on subit au bout d’un certain temps.
Et oui car comme tout système, il vous rassure et vous sécurise au début, puis vous prend de plus en plus de temps et d’énergie, de ressources (Joel de Rosnay parle d’entropie) et finit par vous absorber, vous enfermer voire même vous tuer au sens symbolique (mais pas que) …

« Il y a toujours une part de transgression, mais aussi l’idée d’être au service d’un idéal ».

Steven Levy

 

Vous voulez être hacker ? Mode d’emploi

J’ai connu l’excitation enflammée et passionnante de la startup, puis le confort douillet de la grande entreprise et la cage dorée de l’institutionnel, pour revenir à la start-up, mais cette fois, la mienne (enfin la nôtre).

Croyez-moi, aussi incroyable que cela puisse paraître, dans ces 4 expériences très différentes, on crée des systèmes.

Tout part d’une bonne intention bien évidemment, sauf dans les grandes entreprises et milieux institutionnels ou les jeux de pouvoir sont tels que le système est non seulement complexe mais ne crée plus aucune valeur vers ceux qui le payent à la base pour « un service » ou « un produit ».

On m’a souvent laissé entendre que j’étais trop indépendante (comprenez « autonome »), parfois ingérable (comprenez « impertinente et sortant du cadre »), voir trop d’idées (comprenez « trop intrapreneuse / entrepreneuse). Bref, je dérangeais. Je dérangeais ceux qui ne faisaient pas, ceux qui ne voulaient pas prendre de risque, ceux qui avaient fait mais s’étaient planter, ceux qui voulaient faire mais n’oseraient jamais !

Je vais parler de ma plus longue expérience, et vous dresser rapidement le tableau : je prends le job parce que création de poste en Intelligence Collective pour l’ensemble du Réseau des Chambres de Métiers (15 000 salariés, 130 BU), je me retrouve fraichement débarquée dans une salle de réunion avec des cartons de livres à ranger et un énorme ordinateur fixe comme ressources de travail, on me fait gentiment comprendre que je n’ai aucun budget, si ce n’est celui de la documentation (à gérer) et que désormais, j’aurais une réunion hebdomadaire chaque semaine (qui va durer 4H) avec mon boss.

10 ans après : j’ai développé un des systèmes les plus aboutis d’Intelligence Economique et collective parmi toutes les initiatives dans le monde institutionnel (CCI, poles de compétitivité et cluster compris), budget de 1 millions d’euros sur 3 ans financés par des actions collectives de développement et croissance des entreprises Etat / Europe, je gérais 3 équipes en réseau de 6, 3 et 12 personnes, quelques conférences et publications régulières sur le sujet. J’étais devenue Madame « IE” a 30 ans, sans avoir aucun diplôme ni aucune expérience auparavant.

Je peux vous assurer que si j’étais restée dans mon petit bureau à ne prendre aucun risque, je n’aurais rien fait.

3 mots clés : AUDACE, IMPERTINENCE, BIENVEILLANCE ont été les 3 facteurs clés de succès et 3 mantras que je me suis répétée pendant 10 ans (je poursuis toujours en mettant l’un plus au cœur de mon action parfois).

  1. J’ai commencé par changer de bureau : au RDV dans une salle au nord impossible de se faire connaître, je devais perte au cœur du système pour développer ce que je voulais développer : j’ai changé de bureau après quelques négociations bien amenées. Et un ordinateur portable (après en avoir acheté un perso pour hacker le système et pouvoir télécharger, ils ont craqué J)
  2. J’ai pris la parole et voulu défendre moi-même mes projets : au Ministère, au CODIR, en réunion avec des dirigeants ou chefs d’entreprises très X voire moins culture du PMSPP « Pouvoir Méritocratie Statut et Petits Privilèges ». J’ai toujours défendu mes projets (et ensuite mon équipe) tout en m’assurant d’avoir quelques bons sponsors bien placés (merci André Montaud et René Nantua, la DSI pour mettre tous les logiciels que je souhaitais).
  1. J’ai pris la parole aussi en externe sur les réseaux sociaux (compte twitter créé en 2010, viadéo et linkedin en 2007…), dans les forums économiques, dans les communautés de pratiques métiers avec d’autres responsables Intelligence Collective de grandes entreprises
  1. J’ai fait en sorte que les dispositifs existants en interne prennent le lead dans des projets ambitieux et innovants à l’échelle du département, de la région, national. J’ai leadé mes réseaux pour cela.
  1. J’ai régulièrement négocié des primes, pas que pour moi (mes équipes aussi) ni pour l’argent, mais pour démontrer la valeur du travail et de ce qui était créé, si une équipe ramenait de l’argent, normal que les fruits soient partagés. Idem pour les conditions de travail et outils : nous étions toutes au meilleur étage, meilleurs bureaux et conditions de travail. Nous ne comptions pourtant pas nos heures.
  2. J’ai refusé une grosse promotion pour rester libre, ne pas perdre 3/4 d’une journée par semaine en CODIR et œuvrer sur le terrain et les projets. Je faisais en sorte de boucler en 1/2 journée un travail prévu sur 3 jours pour m’informer, faire de la veille et du benchmark, développer mes réseaux, alimenter mes profils sociaux, m’autoformer, regarder des TEDx, tout cela me nourrit encore et m’a énormément aidé pour créer AS WE ARE. J’ai commencé par le faire tous les vendredis après-midi, puis c’est devenu tous les matins, mes journées commençaient réellement à 11H30.
  3. J’ai voulu développer la culture projet et de la création de valeur (pas de la machine à café et présentéisme : alors là, je me suis butée à la plus grande difficulté : impossible de faire entendre que je pouvais arriver à 9H15 et partir à 16H45 parce que j’avais fait le choix de prendre le train par conviction écologique et pour récupérer mes enfants avant 19H 😃 . Pour ce dernier point, j’ai craqué, après un avertissement dans le bureau du DG, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ainsi que le refus que je fasse ma formation en coaching financée par l’entreprise (un droit) sous prétexte que je démissionnerais après.

Bref, j’ai démissionné 1 an avant la fin de ma certification que j’ai payé par moi-même.

Je ne vous ferais pas part aujourd’hui des petites astuces en tant que boss ou entrepreneure pour hacker le système 😃

Enfin une prochaine fois !

En résumé, nous pouvons tous hacker l’entreprise, le système (même et surtout scolaire, n’est ce pas les Digital Natives ! ) ! C’est juste un état d’esprit, une liberté d’être pleinement « citoyen » idéaliste certes mais aussi très actif et responsable !

C’est faire preuve de bon sens, je suis une fille de la montagne et aux origines paysannes bien assumées, chez nous on parle de BSP, le Bon Sens Paysan (dans les accélérateurs, incubateurs et entreprises, on dit « LEAN START UP » c’est mieux, c’est plus smart, c’est vrai).

Et puis dernière confidence, car il va être l’heure de faire votre 1er Hack, cet été avec l’équipe de fournisseurs officiels de bonheur que nous sommes, nous avons décidé d’hacker notre site web, d’ “humaniser notre communication digitale” comme a si joliment écrit notre King du Web de 22 ans, pur Digital Natives, fraîchement arrivé cet été.

Matthieu. En clair, on a voulu être plus près de vous, de notre communauté, de casser les codes aussi, vous surprendre, faire de nos convictions un acte citoyen et militant, et surtout vous rendre la vie plus belle chaque jour, plus drôle, plus légère, plus inspirante !

On vous retrouve là tout de suite sur notre site www.asweare.fr et réseaux sociaux pour vos premières impressions !

Bon hack de rentrée !

Séverine

Ouvrages vivement recommandés !

REWORK : REUSSIR AUTREMENT, 8 mars 2012 de Jason Fried et David Heinemeier Hansson

Makestorming le Guide du Corporate Hacking de Viguie Marie Noelie et Stéphanie Bacquere

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2 thoughts on “[#Demain] : tous Hackers de l’entreprise !

  1. werner 8 months ago

    Et oui, 🙂 nous sommes de plus en plus nombreux, de plus en plus visible au sein des organisations et désormais fédérés au sein d’une association les hacktivateurs que vous avez dû découvrir dans la préface du livre Markestorming auquel vous faites référence. La phrase de Peter Drucker est y d’ailleurs citée. Vous êtes la bienvenue à l’un de nos afterworks

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