Sophrologue spécialisé dans le sommeil et la gestion du stress, Cédric Lagrange accompagne des managers et sportifs de haut niveau, des personnes impliquées dans des environnements soumis à des cadences ou des conditions de stress. Retrouvons ses conseils sur la gestion du stress et de la performance, sa vision du Bien Etre en entreprise.

Après ta carrière de sportif de haut niveau, tu t’es consacré à la préparation mentale, quelles sont les clés d’une bonne préparation ?

D’abord, que la personne a envie de changer, d’évoluer. Ça part d’elle au premier. Il faut rendre la personne dans un tout, de ce qu’elle est, de trouver les petits points de changement que nous allons renforcer. Ce ne sont que des points à améliorer.

Il y a différentes étapes dans l’accompagnement. On ne peut pas commencer au milieu d’une saison sportive, c’est plutôt le moment pour renforcer les points et travailler d’une manière plus douce. En dehors de la saison, c’est le moment pour croiser plus profond. Puis, le sportif a besoin d’une présence avant les compétitions, de savoir se rendre disponible et trouver son mode de préparation mentale.

Quelles sont les parallèles et les différences que tu perçois entre des sportifs de haut niveau et des managers ?

Moi je ne fais pas de différence entre des sportifs et des managers. Je m’appuie sur les grandes lignes, l’équilibre, l’objectif ; sur ce qui maintient la personne en équilibre et ce qui peut la déséquilibrer.

Il faut voir la personne dans l’ensemble : son équilibre personnel, son équilibre au travail et son équilibre amoureux. Il est surtout important comment fonctionne la personne dans sa relation avec les autres et dans sa relation avec soi-même.

Le mot Work-Life-Balance revient très souvent en entreprise, et l’équilibre et le bien-être sont des thèmes que tu abordes avec beaucoup d’impact. Quel sens donnes-tu à l’équilibre, quel est ton approche ?

Il faut permettre à la personne de reconnaitre chez elle ce qui est le fondement de sa personne, quelles sont ses valeurs. Ses valeurs doivent être en équilibre avec les valeurs de l’entreprise. S’il y a un désaccord, la personne se trouve dans une situation de conflit intérieur.

Une personne qui est en équilibre avec elle-même est plus efficace et performante au travail.

Ça change complètement au niveau d’intervention si la personne a besoin de liberté ou de cadre ou de créativité. Il faut toujours partir d’elle-même.

Comment as-vous découvert la sophrologie ? Qu’est-ce que la sophrologie signifie-t-elle pour toi ?

Je l’ai découvert en réalisant mon master en préparation mentale, et un intervenant était sophrologue. Quand nous avons pratiqué des exercices, c’était une évidence pour moi, une réponse à tout ce que je pouvais essayer à mettre en place dans ma vie professionnelle et personnelle.

La sophrologie, c’est l’art de lâcher prise, c’est de prendre conscience de notre état au moment présent et c’est développer des qualités internes pour vivre en équilibre avec soi-même. C’est une relation entre le corps et l’esprit. La sophrologie se vit, c’est très difficile de l’expliquer. C’est à base de respiration; l’expérience physique de lâcher prise et l’imagerie mentale, des projections dans le passé ou le futur. On travaille sur la notion du temps. Et tout cela a un impact sur le plan physique, le plan émotionnel et on pourrait même dire sur un plan plus élevé. Ça agit sur les trois plans.

As-tu des conseils pour réduire son niveau du stress au quotidien ? Comment peut-on garder son équilibre et le bien-être si on se trouve dans un période de pression ?

Le stress est multifactoriel, il peut avoir plusieurs causes. Il se réfère soit au passé, soit à la notion du futur, de ce qui m’est déjà arrivé et ce qui va arriver. Le stress est aussi à la fois une information.

L’idée est d’accueillir le présent et de revenir à ce qui nous fait plaisir sur le plan externe et dans la vie personnelle. Il est essentiel de pratiquer une activité physique dans la journée pour oxygéner et réduire le stress et de prendre un temps pour soi et juste pour soi. Il faut revenir au plaisir basé sur les cinq sens ; revenir à des plaisirs qui vont toucher les sens, par exemple écouter de la musique, lire, aller au cinéma, se faire masser, goûter, manger de façon modérée…

Le stress est un indicateur externe qui se manifeste en interne. Le corps envoie des informations. Le stress se manifeste plus tard, il y a des réactions tardives qui se manifestent des journées plus tard comme des blocages physiques.

Le stress se fait directement sur le diaphragme qui réduit notre capacité respiratoire ce qui a un impact sur le système respiratoire. On risque de ne respirer qu’avec la respiration haute et pas avec la respiration basse abdominale.

As-tu des conseils pour éviter le burn-out chez les managers et les entrepreneurs ?

Le stress peut être positif ou négatif. Le stress ne va pas avoir le même impact s’il s’agit d’un travail intellectuel ou d’un travail physique. Pour le physique, un peu de stress pour le sportif peut être bien car ça met le corps en activité. Par contre, il y a un seuil à ne pas dépasser, ce qui est personnelle. Le stress lié au travail intellectuel, comme par exemple prendre la parole en public ou présenter un projet, n’est pas positif. Il a d’autres conséquences, il peut couper l’accès aux capacités mentales.

Le stress n’a donc pas le même impact sur l’activité physique et l’activité mentale. Il peut activer le physique mais il peut désactiver la mémoire. L’effet est d’avoir la page blanche car on ne retiendra pas la mémoire courte terme, du coup il est important de bien se préparer en avance.

Il faut prendre conscience des facteurs qui nous stressent ; de ce qui peut nous mettre en stress.

Après, il est important d’avoir cette hygiène de vie, un équilibre personnel, un équilibre physique et mental, d’être bien dans son corps et dans son travail au quotidien. Il faut respirer, se détendre avant d’avoir une épreuve et voir le côté positif de la chose. Chaque chose est là pour nous faire grandir.

Il est important de reconnaitre ce qui peut monter son seuil et de contrôler son stress. Pourtant, il est compliqué de le maitriser car il y a beaucoup d’effets externes. Il est essentiel de contrôler et de prendre de recul. Un conseil que mon prof m’a donné, c’est de se poser la question si je suis en danger. Si cela n’est pas le cas, ça relativise beaucoup et rien que de se poser la question peut déjà aider à contrôler son stress.

Le passé est comme un sac à dos dans la montagne. Le futur n’existe pas, seul le présent existe.  Le stress s’installe dans le temps avant ou après.  Le stress est une alerte, il faut se demander qu’est-ce qui me met en alerte. L’amour de soi joue également un rôle important. Quelqu’un qui a de l’estime dans soi, qui a de la confiance en soi ne stresse pas.

 

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