Après un été propice à une prise de recul, nous revenons tous avec de l’énergie, un enthousiasme renaissant pour porter à bien des projets. Même si vous n’avez pas encore officiellement repris, vous vous demandez comment vous allez susciter l’envie autour de vos projets, chercher de nouveaux leviers de croissance, mobiliser ou galvaniser vos équipes, imaginer les futures innovations produits ou technologiques… Aller du point A au point B. En mode “THVA” (ndlr : Très Haute Valeur Ajoutée), vous produisez du jus de cerveau plutôt concentré.

Oui mais justement, il va vous falloir passer de l’IDEE à L’ACTION (ou du rêve à la réalité).

Avant de gaspiller votre énergie sur le “comment” et laisser vos élans s’échoir sur le banc de sable de l’inertie interne, voici quelques principes de bon sens sur le leadership et le management que nous souhaitions partager…

1# L’entreprise devra inspirer, ou ne sera plus désirée

Après une fonction alimentaire, économique, politique, sociale, l’entreprise de demain devra répondre à des enjeux sociétaux. Pourquoi ? Parce que nous vivons une crise de sens majeure et globale.

Nous sommes arrivés aussi au bout de systèmes d’entreprises et de management. Celui d’un autre temps.

Il nous aura fallu un passage au 21ième siècle, une 3ième révolution (de l’ère industrielle à l’ère digitale) pour reconsidérer l’entreprise et le management, remettre du sens et de l’humain au cœur des projets, et non des sociétés uniquement focus sur le business et les KPI.

«Le décalage est brutal entre des cadres dirigeants qui croient encore à ce qui est écrit dans les vieux manuels de management et la jeune génération qui vit les médias sociaux au quotidien. »

François LAURENT, Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication

La génération Y et tous ceux qui ont le gène Y en eux, les entrepreneurs, ces nouveaux aventuriers du 21ième siècle, portent en eux cette graine de sens qu’elle cultive avec passion pour réinventer le monde de demain.

Si l’entreprise ne fait plus sens, elle ne sera plus désirée et attractive pour les générations à venir.

Posez-vous la question du WHY : pourquoi vous faites ce que vous faites ?

Finalement, très peu de personnes et d’organisations savent pourquoi elles font ce qu’elles font. Dans quel but ? Quelle est votre cause ? Quelles sont vos convictions ? Pourquoi votre projet, organisation / startup existe-t-elle ? Pourquoi est-ce que vous vous levez le matin ? Et pourquoi ça intéresserait les autres ?

Les entreprises qui bousculent les codes et créent les innovations majeures sont portées par des dirigeants porteurs de sens : Zappos, Poult, Camif, KissKissBanKBank, Uber, Apple, Google, Michel & Augustin…

La manière de penser, d’agir, de communiquer de ces dirigeants est toujours en référent interne : de l’intérieur vers l’extérieur. Alors que la plupart des personnes font l’inverse, pensent en fonction de l’extérieur pour aller à l’intérieur.

D’autre part, ces dirigeants savent donner du sens et faire partager le sens : à leurs collaborateurs, à leur communauté, à leurs clients … faisant de leurs convictions profondes un véritable “empowerment” et leadership d’influence.

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2# Celui qui sait, c’est celui qui fait

Ce précepte de Jean-François Zobrist, le dirigeant de la fonderie, modèle d’entreprise libérée invite à reconsidérer le principe de confiance. Nous n’allons pas vous faire le laïus de l’intelligence collective ou du modèle participatif, je crois avant tout que la culture et taille de l’entreprise, volonté profonde du dirigeant vont permettre l’expérimentation réussie de ce type de modèle.

Avant tout, réfléchissons au principe de confiance.

90% de nos décisions sont prises par peur. Et quand la défiance, le contrôle, la peur sont aux commandes, créant blocages et résistances, l’innovation, l’initiative, l’esprit d’entreprendre, l’ouverture et le partage s’essoufflent.

Frédéric LIPPI, élu boss digital de l’année en 2014,  souligne l’impact du digital “qui “ne change pas la nature des gens” mais peut “libérer les talents“, grâce à une place importance laissée au dialogue et à l’expérimentation.

« La présomption de confiance » : croire et faire confiance a priori. Pas par naïveté mais par efficacité.

Faire confiance a priori permet d’ouvrir le champ d’une prise de risque, d’essai-erreur, d’expérimentation, d’initiative et de responsabilité propice à l’innovation, au partage, à l’évolution.

Pour lui, trop de contrôle tue la confiance et l’initiative. En tant qu’entrepreneur, il préfère faire confiance plutôt que d’ériger des barrières de contrôle.

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3# Le manager de demain sera leader ou ne sera pas

« A l’instar des chefs d’entreprises, les poètes interprètent les symboles dans l’espoir de créer un sens de l’appartenance et de forger une identité. Les dirigeants, comme les poètes, doivent indiquer la voie, incarner leur vision afin d’aider ceux qui les entourent à tracer leur propre chemin » Warren Bennis

Le monde actuel de l’entreprise est en pleine transformation, le management change de visage. Les hommes et les femmes qui en créent la valeur sont différents, pensent différemment.

Des parcours plus atypiques et des profils de plus en plus internationaux, plus volatiles aussi, des collaborateurs plus « Gen Y » avec de nouveaux codes et usages.

Aujourd’hui, si tu n’as pas un compte Twitter ou Instagram à 30 ans, tu as raté ta vie.

Le leadership se joue désormais sur la Toile, Twitter en est un terrain de jeu mondialisé et globalisé.

Nous sommes dans un monde d’hyper communication et d’âge de sanction par les réseaux sociaux (internes comme externes”). Le système de notation des entreprises par les collaborateurs proposés par Glassdoor.com et repris en mode expérimental par Viadéo en est un exemple parfait.

Quel est l’ADN de ces nouveaux dirigeants ?

Ils sont agiles, intuitifs, porteurs de sens, font confiance a priori.

« Il est essentiel de conserver ses convictions profondes intactes, à savoir la manière de manager son entreprise, les produits que l’on va vendre, ou encore pour moi le fait de ne pas trop se prendre au sérieux » Augustin Paluel-Marmont co-fondateur de Michel et Augustin

Dans une start-up, le dirigeant, l’entrepreneur est devant une glace à multiples facettes, si cela ne « matche » pas, qu’il n’est pas crédible, c’est fatal, cela se voit tout de suite.

Selon Seth Godin, nous sommes l’avènement d’un modèle de leadership. Où le moyen de faire un changement n’est pas l’argent, ni l’effet de levier d’un système, mais le leadership. 

Il évoque le leader de communauté, nouvelle race d’entrepreneurs leaders charismatiques, engagés pour une cause, des valeurs, des convictions et des idées, engagés vis-à-vis de la tribu, de la communauté, auprès des gens qui sont là.

« Qui menez-vous ? Parce qu’en se concentrant là-dessus, et non sur l’aspect pratique de ce que vous construisez, mais sur les gens, et sur le leadership : c’est de là que vient le changement. »

L’anti-thèse du « management à la papa ».

Parler et agir vrai. Socle de la confiance. Pas simple dans les entreprises où relations business et « socialement correct », pression des objectifs nous amènent à biaiser nos pensées, nos paroles et nos actes.

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4# Agissez en “makers” positifs !

Nous avons besoin de makers positifs, des “doers” engagés dans l’action, moins de “thinkers”.

Se pose la question d’un changement de posture.

Porter son regard sur ce qui se fait de bien tous les jours. Plutôt que ce qui pourrait se faire mieux de temps en temps. Le positif attire le positif. Vous créez les conditions de votre propre réussite !

En pensant positif, vous agissez positif. Cet état d’esprit libère les énergies, stimule l’action, l’esprit d’initiative propre à chacun, entrepreneurs dirigeants ou collaborateurs. Accordez-vous le droit à l’erreur (et même à l’échec), même si certaines initiatives n’aboutissent pas, elles ne sont pas désastreuses pour l’entreprise.

 « L’optimiste est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès.  » Baden-Powell

Il est de votre responsabilité d’aligner votre confiance, vos croyances positives avec celle de l’entreprise, de l’équipe, du projet dans lesquels vous êtes impliqués, pour fédérer, mobiliser autour d’une vision forte et positive, d’un projet commun. 

Lorsque vous considérez une situation difficile, c’est votre perception ou regard sur la situation qui l’estime difficile. Si vous changez de regard, la situation n’évolue pas forcément dans l’instant, en revanche, cela allègera votre esprit, vous donnant plus de recul et de sérénité. Le pessimisme ou la pensée négative n’est qu’une forme de résistance, d’expression de nos peurs, face au changement, au sentiment de perte (de sécurité financière, matérielle, affective…).

Considérez aussi que derrière chaque difficulté, se sont autant d’opportunités d’apprendre, sur vous, les autres, d’acquérir de l’expérience, de créer, de se réinventer. Un obstacle se transforme en opportunité.

Rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme !

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5# Soyez-vous même !

Enfin un dernier point qui me paraît essentiel, c’est de rester vous-même, authentiques.

Be YOURSELF.

Ne pas sur-jouer un rôle.

L’essentiel est d’en avoir conscience pour revenir à ce que nous sommes vraiment. Juste. Authentique.

La tentation est grande dans une société qui valorise ceux qui réussissent, où l’image est prépondérante et le besoin de reconnaissance, de notoriété exacerbée. Les réseaux sociaux amènent parfois à cette dérive d’une surexposition personnelle et/ou professionnelle, pourtant ce sont aussi des vecteurs formidables pour promouvoir ce qui fait sens, partager des idées, faire rayonner une éthique et mobiliser !

Dans son talk TED, Dominique Steiler, ancien pilote de chasse, devenu Responsable de la Chair Minduflness et de paix économique, à Grenoble Ecole Management, explique comment il a laissé sa « cape de superman » quand il a amorcé sa reconversion professionnelle, et pourquoi, il est important de savoir renoncer parfois, pour garder sa liberté d’être et de servir les valeurs auxquelles on croit.

L’essentiel est d’en avoir conscience pour revenir à ce que nous sommes vraiment. Juste. Authentique.

Pour tous ceux et celles qui entreprennent, qui osent une prise de risque et de position, s’engagent au quotidien, quelque soit le domaine, c’est aussi une manière de se rappeler qu’en tant que dirigeant, entrepreneur, coach, manager,… nous pouvons impulser le changement, inspirer des valeurs et une éthique plus forte, créer les conditions favorables d’un changement durable et positif.

Transformer l’entreprise, demande pour ceux qui l’accompagne ou la manage, de savoir se transformer et se réinventer pour aligner discours et actes, pour inspirer le changement et l’action. Avec conscience, exigence et volonté profonde, vous pouvez incarner vos convictions profondes et vous accomplir par une action, des projets porteurs de sens… 

Voici quelques réflexions pour donner de la densité et du poids à votre mise en mouvement et revenir “dans la course” avec un esprit de reconquête positif, libéré et conscient.

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